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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

Enfin, à huit heures du soir, Vadier fit porter le décret d’ac-cusation et d’arrestation, qui lut rendu commun à Robes-pierre jeune, à Saint-Just, à Lebas et à Couthon . On fitvenir secrètement plusieurs voitures de place ; on y enfermales prisonniers, et on les conduisit dans différentes maisonsde détention.

A peine étaient-ils incarcérés, que des commissaires duconseil général vinrent les mettre en liberté. Robespierre se défendit longtemps pour les accompagner, déclarant qu’ilvoulait, à l’exemple de Marat , comparaître devant le tribunalrévolutionnaire; enfin il céda et se rendit à la Commune, oùil trouva son frère et les autres députés proscrits avec lui. Leconseil général s’occupa à l’instant même de prendre desarrêtés énergiques contre la Convention. Robespierre hésitadevant une collision à main armée; il discuta sur l’illégalitéd’une lutte entre les autorités de la Ville et l’Assemblée na-tionale. Son opposition à toute mesure violente entraîna deslenteurs dans l’exécution des arrêtés de la Commune, et sacause fut perdue. La Convention agit au contraire avec uneactivité et une audace remarquable; elle lança un décret deproscription sur tous les fonctionnaires municipaux, etnomma une commission pour diriger la force armée et fairerespecter ses volontés.

Le hasard servit à souhait les contre-révolutionnaires; ilse trouva que Henriot, commandant de la garde nationale,était ivre ce jour-là et hors d’état de donner des ordres à sesofficiers; de sorte que la milice bourgeoise n’ayant pointd’instructions, se rangea du côté de ceux qui l’appelèrentles premiers, et marcha contre la Commune au lieu d’in-