[XVIII.S.]
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
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vestir la Convention. Arrivés sur la place de Grève, lescommissaires conventionnels publièrent le décret de misehors la loi contre Robespierre et ses partisans. La foule quigarnissait la place, intimidée par ce déploiement de forces,s’écoula immédiatement. Alors l’un des commissaires, Léo-nard Bourdon , monta à l’hôtel de ville escorté d’un piquet desoldats, et pénétra dans la salle du conseil où siégeaient lesmembres du tribunal révolutionnaire. Un gendarme, nomméMerda, fonça sur Robespierre aîné et le renversa d’un coupde pistolet tiré à bout portant dans la mâchoire. Robespierre jeune voyant son frère gisant, assassiné, sauta par la fenêtreet se brisa les membres sur le pavé; Lebas se tira un coupde pistolet dans le cœur ; Couthon et Saint-J ust demeurèrentimpassibles dans leurs fauteuils.
Là ne devaient pas s’arrêter les infamies des conjurés ; leurennemi respirait encore, et ils voulaient rendre son agonieeffroyable. Robespierre fut garrotté sur une planche, em-porté aux Tuileries et déposé dans l’antichambre du comitéde salut public; depuis une heure et demie du matin jusqu acinq, c’est-à-dire pendant trois heures et demie, on le laissasans secours; on se contenta d’appuyer sa tête mutilée surune boîte de sapin, et d’étancher le sang qui sortait de saplaie béante avec des lambeaux de papier. Plusieurs conven-tionnels, honte à jamais sur eux! osèrent l’insulter, lui cra-chèrent au visage, le frappèrent, et excitèrent des commisde bureau à le piquer avec leurs canifs. A cinq heures seu-lement un chirurgien fut appelé pour le panser.
Dans la journée il fut transporté devant le tribunal révolu-tionnaire, dont les membres étaient sous une impression de