[XVIII. S.]
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
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thermidoriens décrétèrent les patriotes d’arrestation et lesplongèrent dans les prisons. Des femmes de différentes sec-tions se présentèrent à la barre de l’Assemblée et deman-dèrent du pain ; on leur répondit en les menaçant de les faireexpulser par la force armée. Les ouvriers des faubourgs semontrèrent à leur tour et vinrent entourer le Palais-Natio-nal au nombre de plus de vingt mille. Cette fois les thermi-doriens eurent peur, ils admirent les députations, écou-tèrent leurs griefs, feignirent d’y compatir, et, par de perfidespromesses, obtinrent que le rassemblement se disperserait.Mais, dès que le danger eut disparu, ils reprirent de l’au-dace, mirent en accusation les députés républicains qui sou-tenaient les réclamations des classes pauvres, décrétèrentParis en état de siège, et placèrent la force armée sous lecommandement de Pichegru , de Barras, l’auteur de la pro-position , et de Merlin de Thionville .
Ces mesures extrêmes étaient gratuitementodieuses, cariepeuple ne s’était nullement mis en insurrection ; il était seu-lement venu exposer ses plaintes. Les choses demeurèrentdans la même position un mois entier ; enfin les Parisienscomprirent qu’il valait mieux périr en combattant que mourird’inanition , et ils se révoltèrent. Eu cela, ils obéirent à ceprincipe immuable qui est placé au fond de tous les coeurs,« que pour un peuple opprimé, l’insurrectionestle plus sacré» des droits et le plus saint des devoirs. » La disette étaitarrivée à un tel degré, que le girondin Mercier, dans sesAnnales patriotiques du 50 floréal, disait : « Il serait diffi-» cile de trouver sur le globe un peuple aussi malheureux
» que celui de Paris . Nous avons reçu hier deux onces dex. H