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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
» pain par personne; cette ration a été diminuée aujour-» d’hui, ce qui a jeté de nouvelles alarmes dans l’esprit des» prolétaires. On murmure plus haut qu’à l’ordinaire; toutes» nos rues retentissent des plaintes et des gémissements des
» malheureux qui sont tiraillés par la faim.»
Dans la matinée du 1 er prairial an III, 20 mai 1795, lessections publièrent l’arrêté suivant : « Le peuple, considé^-« rant que le gouvernement le fait mourir inhumainement» de faim; que ses promesses sont trompeuses et menson-» gères; que chaque citoyen se trouve réduit à envier le sort» de ceux que la famine entasse journellement dans les tom-» beaux ; considérant que le gouvernement est usurpateur,» injuste, tyrannique; qu’il fait incarcérer arbitrairement,» transférer de cachot en cachot, de commune en commune,» et massacrer dans les prisons ceux qui ont assez de cou-» rage et de vertu pour réclamer du pain et les droits com-» muns ; considérant qu’un gouvernement aussi atroce ne» peut exister qu’autant qu’on a la faiblesse et la lâcheté de» le craindre; arrête : Qu’aujourd’hui, sans plus tarder, les» citoyens et les citoyennes de Paris se porteront en masse» à la Convention nationale pour lui demander du pain, la» constitution démocratique de 1793 qu’elle veut abolir, la» mise en liberté des patriotes détenus pour avoir émis leur» opinion avec courage et franchise; enfin, la convocation» des assemblées primaires, pour nommer les représentants» d’une nouvelle Assemblée législative . »
Aussitôt les ouvriers descendirent des faubourgs par mil-liers et se dirigèrent vers les Tuileries ; arrivés devant laConvention , ils firent halte et envoyèrent des femmes pour