[XVIII. S.]
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
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occuper les tribunes publiques. Les thermidoriens essayèrentencore d’apaiser l’exaspération par des paroles mielleuses etde fausses promesses, ainsi qu’ils avaient déjà fait; maisvoyant l’inutilité de leurs exhortations, ils voulurent userdes moyens d’intimidation, et ordonnèrent à un général de bri-gade d’escalader les tribunes avec sa troupe, renforcée de mou-chards armés de fouets de poste, et de chasser les femmeshors delà salle. Aux cris de détresse que poussèrent ces in-fortunées, les citoyens du dehors accoururent pour leur prêtersecours, et trouvant les portes fermées, ils les brisèrent à coupsde hache. Une lutte s’engagea entre eux et les gendarmes quigardaient les avenues : d’abord refoulés par les baïonnettes,ils revinrent de nouveau à la charge, firent plier la troupe etenvahirent la Convention. Les représentants effrayés se re-jetèrent dans les bancs supérieurs ; le président Boissy-d’An-glas se couvrit et déclara la séance suspendue. Le tumulteétait au comble ; les cris « du pain ! du pain ! la constitutionde 93! » faisaient retentir les voûtes et se mêlaient au cli-quetis des armes et aux gémissements des blessés.
Un député, Féraud, voulut s’élancer à la tribune; unhomme du peuple l’arrêta par ses vêtements et lui ordonna derester à sa place; un officier se jeta entre eux et asséna aucitoyen un violent coup dans la poitrine ; celui-ci, exaspérépar cette brutale agression, tira un coup de pistolet qui aulieu d’atteindre l’officier vint frapper Féraud.
Au dehors, le tocsin sonnait à toutes volées, les tamboursbattaient la générale dans les rues, le jardin des Tuileries seremplissait de gardes nationaux et d’artilleurs dévoués à laConvention. Plusieurs détachements, secondés par les gre-