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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.)
Néanmoins nous devons reconnaître que le Directoire fitdes choses bonnes et utiles; il ordonna entre autres la fer-meture de la Bourse , ce temple du vol légal, et poursuivitactivement les agioteurs qui ruinaient le crédit public; iltermina également les négociations avec l’Autriche pourl’échange de la jeune fille de Louis XVI contre les députésQuinelte, Bancal, Lamarque, Camus et le ministre Beur-nonville, livrés par le traître Dumourier , ainsi que Drouet,Maret et Sémonville , qui avaient été arrêtés par les impé-riaux au mépris du droit des gens.
Le nouvel ordre de choses, malgré les précautions extraor-dinaires dont il s’entourait, vit plusieurs fois son existencemenacée par les royalistes et par les républicains. Il domptales premiers en faisant fermer les clubs qu’ils avaient établissous le nom de Société de Noailles. Quant aux seconds,il fut contraint d’employer les moyens extrêmes pour lessoumettre. Les démocrates purs échappés aux proscrip-tions des thermidoriens et des monarchistes s’étaient réu-nis en aggrégation et avaient formé le club des Pantrhéo-nistes, placé sous la présidence du journaliste Babœuf,créateur d’une nouvelle théorie politique. Leur but étaitde préparer un mouvement insurrectionnel, d’anéantir laconstitution de l’an III, non pour substituer un gouverne-ment à un autre, puisqu’ils avaient expérimenté que sousune monarchie comme sous une république les riches acca-paraientle pouvoir et opprimaient les prolétaires, mais pourchanger entièrement l’organisation sociale, etétablir en prin-cipe que la propriété individuelle étant l’unique cause del’esclavage des hommes, on devait fonder les sociétés sur