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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.)

triumvirat Rewbell, la Réveillère-Lépaux et Barras , profitade la terreur qu’il inspirait aux députés, fit nommer unecommission extraordinaire pour juger ceux qu’il avait faitarrêter. Cinquante-trois représentants de l’un et de l’autreConseil, les deux directeurs Barthélemy et Carnot; plusieurspersonnes, les unes coupables, les autres innocentes, etquelques journalistes, furent condamnés à la déportation.Barras parvint ainsi à éloigner les hommes dont les vertusle gênaient, et qui, à l’exemple de Carnot, ne voulaient pointtransiger avec leur conscience.

Ce coup d’état terminé, le parti triomphant s’occupa d’af-‘fermir son autorité : pour se rallier les royalistes, il com-mença par faire mettre en liberté les duchesses d’Orléans ,de Bourbon, et le prince de Conti; il les fit conduire hors duterritoire, et leur alloua une pension de 100,000 livres pourla duchesse d’Orléans , et une de 50,000 pour la duchessede Bourbon et le prince de Conti ; puis le Directoire cherchaà se rattacher les anciens girondins en faisant nommer deuxmembres de cette faction, Merlin de Douai et Neuf'chàteau,en remplacement des directeurs révoqués. Quant aux chefsde l'armée dont il redoutait l’ambition, il suivit à leur égardune politique toute différente : au lieu de témoigner de lareconnaissance aux généraux qui l’avaient aidé soit de leurconcours actif, soit de leur concours moral, il chercha à lesarrêter dans leur carrière militaire.

En cela, Barras et ses collègues commirent une fauteénorme; car il était souverainement impolitique d’affronterl’opinion de la France et de condamner à l’inaction deshommes qui s’étaient couverts de gloire et qui avaient rendu