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d’éminents services à la patrie. Moreau futréformé, quoiqu’ileût dénoncé Pichegru et contribué à éclairer le gouverne-ment sur le plan de la conjuration ; Bernadotte fut jeté mal-gré lui dans la carrière diplomatique, et un peu plus tardle vainqueur de l’Italie fut envoyé en Égypte , dans le secretespoir que sa fortune échouerait sur ces plages lointaines.
Bonaparte , après la paix de Campo-Formio conclue avecFrançois 11, était revenu à Paris , apportant lui-même le traitéen vertu duquel l’empereur d’Allemagne abandonnait à laRépublique ses droits sur les Pays-Bas, et consentait à lacession de tout le littoral de la rive gauche du Rhin , depuisBâle jusqu’au confluent de la Nèthe, ainsi qu’à l’occupationde la ville de Mayence . Le jeune général avait été accueilliavec un enthousiasme extraordinaire : les populations s’é-taient portées à sa rencontre ; il avait été applaudi dans lesspectacles, loué à la tribune, recherché par les membres lesplus influents des Conseils ; on avait frappé des médailles enson honneur, on lui avait offert des banquets, on l’avait reçuà l’Institut en remplacement de Carnot. C’était plus qu’il n’enfallait pour offusquer cinq magistrats sans renommée, sansmérite, sans popularité; le Directoire lui enleva le comman-dement en chef de l’armée d’Italie , nomma Berthier pour leremplacer et le laissa sans emploi, sous prétexte de le réser-ver pour une expédition contre l’Angleterre. Mais commeles préparatifs d’une descente sur les côtes de la Grande-Bretagne traînaient en longueur, les directeurs se détermi-nèrent à éloigner de Paris un rival dangereux pour leur am-bition, et organisèrent une expédition contre l’Égypte .
Trente-six mille hommes furent placés sous le comman-