(XVIII. S.J RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 361
ques mille hommes, et du côté du Midi, cent seize mille sol-dats dispersés au milieu de populations fanatiques, toujoursprêtes à s’insurger, et répandus dans les états romains, enToscane et en Piémont. En outre, la plupart des troupesétaient dans un état pitoyable; l’artillerie se trouvait presquedépourvue de munitions, la cavalerie mal montée. Mais cequ’il y avait de plus déplorable, c’était le désordre qui ré-gnait dans le gouvernement, par suite de l’impéritie et del’imprévoyance du Directoire . Les institutions étaient boule-versées, les lois perverties, les finances épuisées, les coffresde la trésorerie à sec, et l’arriéré était incalculable; l’insur-rection royaliste relevait la tête dans la Vendée ; l’immoralitéla plus grossière, affichée par les directeurs eux-mêmes, avaitdépravé les mœurs; enfin la France était descendue au der-nier degré de l’abjection politique et morale.
Au milieu de désastres sans nombre, de défaites, de tra-hisons, on atteignit l’époque du renouvellement du tiers desdéputés. Les élections se ressentirent du mécontentementgénéral et firent entrer un grand nombre de républicainsdémocrates dans les deux Conseils. Dès ce moment, il se ma-nifesta une opposition violente contre le Directoire. Chaquejour la tribune retentit de dénonciations contre les agents* concussionnaires; contre Rewbell , qui venait tout nouvelle-ment d’être remplacé dans son poste de directeur par Sieyès ;contre l’ex-ministre Talleyrand de Périgord, le même qui,évêque d’Autun , avait célébré la messe du 14 juillet 1790,lors de la fête de la fédération, prêtre renégat, diplomatecauteleux, ambitieux, égoïste, spoliateur; contre Rapinat,commissaire infidèle de la République en Suisse , et contre