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s’opposeraient de tout leur pouvoir à ceux qui voudraientdépasser la ligne constitutionnelle, retourner au régime delàMontagne , et demandèrent que tous les députés renouvelas-sent l’engagement de ne porter aucune atteinte à la consti-tution de l’an III. Cependant, au moment où Lucien s’enga-geait par serment à maintenir l'acte constitutionnel, il médi-tait un changement politique avec Sieyès . Déjà même lesdeux conjurés avaient écrit au général Bonaparte pour pres-ser son retour en France , afin d’avoir sous la main un hommed’exécution.
Bonaparte se rendit à leurs désirs, remit le commandementde l’armée d’Égypte à Kléber, et s’embarqua à la fin d’août,emmenant avec lui Berthier, Murat, Lannes, Andréossy etquelques autres de ses lieutenants les plus dévoués à sa for-tune. Le 6 octobre il débarquait à Fréjus , ayant échappéaux croisières anglaises. Immédiatement après il partit enposte pour Paris . Son brusque retour étonna bien des gens :plusieurs ne laissèrent pas que de l’interpréter d’une manièretrès-défavorable pour le général, jusqu’à l’appeler désertion;mais la masse de la nation, fatiguée du despotisme directo-rial, l’accueillit avec enthousiasme.
Lucien et Sieyès marchaient à leur but; Roger-Ducos s’é-tait attaché au directeur son collègue comme un satellite à saplanète ; un grand nombre de membres du Conseil des An-ciens, quelques-uns des Cinq-Cents, l’infâme Fouché deNantes, le fourbe Talleyrand , tous deux prêtres défroqués,Réal, Régnault de Saint-Jean d’Angely, et une foule d’intri-gants politiques, s’étaient ralliés à leur parti. De l’autre côtése trouvaient les directeurs Gohier et Moulins , la majorité du