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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

Conseil des Cinq-Cents et tous les républicains. Barras gar-dait une lâche neutralité. Dans les deux factions on cher-chait à attirer Bonaparte . L’adroit général feignit d’hésiterdans le parti qu’il devait prendre: il assista aux réunions desconjurés et des républicains pour connaître leurs moyensd’attaque et de défense; il flatta les uns et les autres sanstoutefois rien promettre; enfin il s’étudia à les tromper touspour les faire concourir à sa propre élévation.

Quand les conjurés se crurent assez loris ils engagèrent lalutte. Sieyès demanda la démission de Bernadolle, ministrede la guerre, dont les principes démocratiques, l’énergie etles talents pouvaient compromettre le succès de l’entreprise.Celui-ci refusa d’obéir. Le directeur passa outre et donna leportefeuille à Dubois-Crancé . Aussitôt le Conseil des Cinq-Centsentra en fermentation; les directeurs Collier et Moulins s’agitèrent, mais sans oser prendre aucune détermination.Barras affecta de ne point se montrer.

Les conjurés, enhardis par la faiblesse de leurs adver-saires, brusquèrent alors le coup d’état qu’ils méditaient; ilsse réunirent chez Lemercier, président du Conseil des An-ciens, et arrêtèrent qu’ils feraient usage du droit que la Con-stitution laissait exclusivement aux Anciens de changer larésidence du Corps législatif, pour isoler les députés de lacapitale. La commission des inspecteurs prépara les lettresde convocation dans la soirée. Le lendemain, 18 brumairean VIII, 9 novembre 1799, à cinq heures du matin, la mêmecommission se réunit, envoya les lettres au domicile desmembres du Conseil, en ayant soin de ne pas en adresser àceux que l’on soupçonnait de républicanisme.