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fXVIIl. S.]

REPUBLIQUE FRANÇAISE.

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Les représentants, surpris de celte convocation extraor-dinaire, se hâtèrent d’accourir aux Tuileries . Au lur et àmesure de leur arrivée, ceux qui étaient dans le secret ve-naient les instruire de la prétendue découverte d’une conspi-ration anarchiste, et de l’urgence de prévenir l’exécution ducomplot des Jacobins par un acte de vigueur. Quand ils fu-rent réunis au nombre de cent cinquante membres, formantla majorité nécessaire pour délibérer, Lemercier ouvrit laséance. Le Conseil, abusé parles déclamations du présidentde la commission des inspecteurs, décréta que le Corps lé-gislatif serait transféré à Saint-Cloud et que les deux cham-bres y siégeraient dans les deux ailes du palais, le lende-main 19 brumaire, à midi; il interdit aux députés toutecontinuation de fonctions et de délibérations avant ce temps ;il chargea le général Bonaparte de l’exécution de ce décret,l’autorisa à prendre toutes les mesures nécessaires pour lasûreté de la représentation nationale, et mit sous ses ordresles troupes de ligne, la garde nationale sédentaire, et lagarde du Corps législatif. Aussitôt que Bonaparte se vit in-vesti du commandement général des troupes, il appela au-près de sa personne les officiers supérieurs qu’il voulait em-ployer, ainsi que ceux dont il croyait devoir paralyser l’ac-tion; ensuite il monta à cheval, se rendit au Conseil desAnciens, prêta le serment d’obéissance aux décrets de l’as-semblée : après quoi, il déféra les commandements, régla lamarche des troupes, et rédigea ses proclamations avec sonchef d’état-major Berthier, qui expédiait les ordres commes’il eût été déjà ministre de la guerre. En quelques heuresl’enceinte de la représentation nationale fut envahie par les