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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

soldats; toutes les barrières furent fermées et gardées pardes corps de troupes, les départs des courriers furent sus-pendus, et Paris se trouva comme en état de siège.

Cependant Gohier et Moulins , les deux directeurs répu-blicains, étaient restés à leur poste, et paraissaient disposésà résister énergiquement aux conjurés; malheureusement,iis délibérèrent au lieu d’agir, et commirent la faute de faireappeler Barras pour former la majorité et donner un carac-tère légal à leurs délibérations. Celui-ci, qui s’était laissé cir-convenir par Talleyrand et Bruix , venait de donner sa dé-mission et s’était retiré à Gros-Bois.

Par cette défection, la journée du 18 se trouva décidéeen faveur des conjurés. Néanmoins, des réunions de patriotesse prolongèrent jusque dans la nuit pour aviser aux moyensde sauver la liberté; mais aucun projet n’ayant présenté desgaranties suffisantes de succès, les Pères de la patrie furentcontraints de se séparer sans avoir rien déterminé.

Le 19 au matin les députés républicains se rendirent àSaint-Cloud , où déjà stationnait une force imposante com-mandée par le général Serrurier ; ils traversèrent lentementles lignes de soldats et se dirigèrent vers les salles qui avaientété disposées pour les séances. A une heure, Bonaparte arrivaavec son état-major, visita les troupes, et eut plusieurs entre-vues secrètes avec les conjurés qui faisaient partie de l’un etde l’autre Conseil, qui tous deux étaient en séance. A quatreheures il se présenta aux Anciens pour expliquer sa con-duite. Son discours, au lieu de rallier tous les suffrages,comme il s’y était attendu, excita de violents murmures. Unrépublicain se leva de son siège et le somma de s’expliquer