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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
même, Lucien Bonaparte , quitta le fauteuil et prononçala formule solennelle. Un seul député, Bergoeing , s’affran-chit de l’engagement commun et donna sa démission. L’exal-tation était parvenue au plus haut degré.
Ce fut en ce moment que parut Bonaparte , escorté par unpeloton de grenadiers. Il s’avança seul et découvert, et fit si-gne de la main qu’il désirait parler à l’assemblée. Mais à lavue des soldats, l’indignation générale fit explosion, et desclameurs tumultueuses s’élevèrent de tous les points do lasalle : « Quoi! des baïonnettes, des sabres, des hommes« armés ici, dans le sanctuaire de la représentation natio-» nale! Hors la loi le dictateur! A bas le traître! Mourons à» notre poste! Vive la République et la Constitution! Hors» la loi le dictateur ! A bas le nouveau Cromwell ! » Undéputé, le républicain Bigonnet, s’élança de son banc, etsaisissant Bonaparte par le collet, cria d’une voix tonnante :«Que fais-tu, téméraire? Tu violes le sanctuaire des lois;» retire-toi ! » En un instant le général fut entouré, pressé,menacé par la foule des représentants, et contraint de re-joindre ses soldats.
Après son départ, Lucien essaya de prendre la défense deson frère ; sa voix fut couverte par les imprécations de l’as-semblée. Un député cria : « Aujourd’hui Bonaparte a ternisa gloire! » Un autre : « Bonaparte s’est conduit en roi! »Un autre : « Je le voue à l’opprobre des républicains ! » Unautre : « Je demande qu’il soit traduit à la barre pour ren-dre compte de sa conduite! » Un autre : « Aux voix la misehors la loi du général Bonaparte ! » Cette dernière motion setrouvant appuyée par la presque unanimité des représen-