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HISTOIRE DES PAPES.
fl 801 .J
Devenu pape, Chiaramonti poursuivit la politique caute-leuse qui lui avait valu la tiare; il épuisa toutes les formesadulatrices pour remercier le consul Bonaparte de l’appuiqu’il lui avait prêté; il le proclama l’élu du ciel, le juste parexcellence. Comme on doit le supposer, toutes ces lâchesflatteries avaient un but intéressé; c’était d’obtenir l’inter-vention de la France, pour contraindre l’empereur d’Alle-magne à lui permettre de quitter Venise , et à renoncer à sonprojet d’établissement du siège papal à Vienne .
Le premier consul accueillit favorablement ces réclama-tions, et notifia à François II qu’il eût à ne point mettreobstacle au départ de Pie VII . Sa Sainteté s’embarqua,gagna Pesaro, et s’achemina vers Rome. Les Français n’oc-cupaient déjà plus la ville apostolique et avaient été remplacéspar les Napolitains : le pape jugea alors qu’il était de bonnepolitique de se ménager des protecteurs dans tous les partis,et pour faire sa cour aux Bourbons de Naples, il se hâtad’instruire officiellement de son exaltation le comte de Pro-vence , en lui donnant le titre de roi de France et de fils aînéde l’Église. Puis, sur la nouvelle que le premier consul avaitfranchi les Alpes et envahissait l’Italie pour la seconde foisà la tête d’une armée formidable, il écrivit à Bonaparte , luidonna également le titre de prince très-chrétien, de fils aînéde l’Église, et ouvrit les premières négociations relatives aufameux concordat qui fut définitivement conclu l’année sui-vante , le 15 juillet 1801.
Par celte convention, Pie VII transférait au chef du gou-vernement français les droits et prérogatives dont avaientjoui les anciens rois près le saint-siège ; il autorisait même