[1802.]
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les prêtres à prêter serment de fidélité à Bonaparte , sanss’inquiéter autrement du droit divin de la dynastie déchue.Le pape se réserva seulement l’institution canonique des évê-ques, afin de pouvoir paralyser en France l’action du culte,selon ses intérêts. Le premier consul eut la faiblesse d’accéderà cette clause, soit qu’il n’en prévît pas toutes les conséquen-ces, soit qu’il voulût, à force de condescendance, s’assurerdu dévouement de Pie VII pour ses desseins ultérieurs.
Il est vrai que, par compensation, sa Sainteté mit le clergéfrançais aux pieds du conquérant, et imposa aux prêtres l’obli-gation de révéler au gouvernement toutes les conjurationsdont la connaissance viendrait jusqu’à eux, c’est-à-dired’envelopper les royalistes dans un vaste réseau, et de faireservir la religion à une sorte d’espionnage sacré.
Le concordat était à peine signé, que Pie YII entrait ou-vertement dans une voie de réaction catholique, rétablissaiten Russie la compagnie de Jésus , et faisait affluer les bonsPères en France , sous la dénomination d’adorateurs du sacrécœur et de sociétaires de la foi. Bientôt les couvents repa-rurent, les maisons professes se rouvrirent, et de tousces repaires s’élancèrent des milliers de fanatiques, chargésd’abrutir les peuples et de les asservir.
Sa Sainteté avait été trop vite en besogne; la masse de lanation s’effraya des tentatives du clergé, et se prononça siénergiquement contre le retour aux superstitions catholiques,que le gouvernement consulaire fut obligé de différer jus-qu’au 15 avril 1802 la publication du concordat conclu avecle saint-siège.