HISTOIRE DES PAPES.
[ 1823 .]
que la fortune eut tourné, quand Napoléon eut été contraintde céder le trône aux Bourbons, de se présenter à la courde Louis XVIII avec la qualité de nonce extraordinaire, etde le féliciter de ce que le Dieu des armées l’avait conduitcomme par la main sur le trône de ses ancêtres, pçur mettreun terme aux tribulations de l’Église catholique, cette sainteépouse du Christ, laquelle n’avait point cessé de se lamen-ter sur les maux causés par l’usurpateur.
De retour en Italie , Annibal fut promu au cardinalat, etobtint en outre la charge de vicaire général de sa Sainteté.Il était déjà archiprêtre de Sainte-Marie-Majeure , préfet descongrégations de la résidence des évêques, de l’immunitéecclésiastique et du spirituel du collège et du séminaire ro-main, et cumulait d’énormes bénéfices. Il avait acquis unetrès-grande influence sur l’esprit de Pie VII , et avait con-tribué puissamment à faire rendre les règlements qui remet-taient en vigueur les pratiques barbares abolies pendant leséjour des Français , l’estrapade, le chevalet et les odieusestortures usitées par la sainte inquisition.
Tels étaient les antécédents de ce prêtre fanatique. Devenupape, Annibal délia Genga voulut achever l’œuvre commencéepar son prédécesseur, anéantir la liberté et faire rétrograder lacivilisation jusqu’aux siècles de barbarie. Il adressa des féli-citations au roi d’Espagne, Ferdinand VII , prince fourbe,lâche et parjure, relativement à sa réinstallation , et àLouis XVIII , sur les secours qu’il avait prêtés à ce monar-que, en hommes et en argent, pour faire triompher le des-potisme. Ensuite il essaya d’étendre son influence sur laFrance , et excita le cardinal Clermont-Tonnerre, archevêque