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» siège s’est tellement accrue, que, outre le déluge de livres» pernicieux dont ils inondent l’Europe , elle va jusqu’au» point de faire tourner au détriment de la religion les saintes» Écritures. Une société, vulgairement appelée biblique, se» répand audacieusement par toute la terre; et au mépris» des traditions des saints Pères, contrairement au célèbre» décret du concile de Trente , qui défend de vulgariser les» saintes Écritures, elle publie des traductions dans tous les» idiomes des peuples de la terre. Plusieurs de nos prédé-» cesseurs ont fait des lois pour détourner ce fléau; et nous» aussi, pour nous acquitter de notre devoir apostolique,« nous engageons les pasteurs à éloigner avec soin leurs trou-
» peaux de ces pâturages mortels.Que Dieu se lève! qu’il
» réprime, qu’il confonde, qu’il anéantisse cette licence ef-» li'énée de parler, d’écrire et de publier des écrits ! n
Sa Sainteté voulut se créer des auxiliaires puissants dansla lutte qu’elle entreprenait, et songea naturellement aux jé-suites. Elle combla les bons Pères d’honneurs et de richessespour les attacher davantage à sa cause ; elle céda et assigna àperpétuité à la compagnie et à son général Louis Eortis, lecollège romain avec l’église de Saint-Ignace, plusieurs cou-vents, l’oratoire dit du Père Garavita, le musée, la biblio-thèque, l’observatoire et tout ce qui en dépendait; elle lesinvestit en outre du privilège exclusif d’enseignement, etpublia une constitution relative aux moyens de diriger l’édu-cation dans les états ecclésiastiques.
Une fois entré dans la voie des réformes, le fanatiqueLéon Xll ne s’en tint pas à ces premiers règlements; il lit desédits sur les choses les plus simples, sur les costumes, sur