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HISTOIRE DES PAPES.

[ 1825 .|

les ameublements, sur les équipages, sur les spectacles, surles bals; bientôt Rome prit un aspect morne et funèbre,comme au temps du farouche Pie V , de sanguinaire mé-moire ; les fastidieuses cérémonies du culte remplacèrent lesplaisirs les plus innocents; des espions sacrés circulèrentnuit et jour dans la ville des Césars pour surprendre les dé-linquants, pour surveiller les familles. La censure pontifi-cale s’étendit jusque sur ia toilette des femmes; des peinessévères furent portées contre toutes les dames romaines quis’habillaient avec élégance , et qui laissaient deviner sous lagaze leurs formes nobles et gracieuses. Le saint-père allaplus loin encore, il remonta à la source du délit de coquet-terie, et défendit aux couturières, aux lingères et aux mar-chandes de modes, sous menace d’excommunication, defaire des robes décolletées.

Pendant que Léon XII, à Rome , remplissait son rôle depape, Louis XVIII terminait son règne et laissait le trône deFrance au comte d’Artois, son frère, débauché émérite de-venu cafard, dévot renforcé et affilié aux jésuites; le nouveausouverain prit le nom de Charles X .

Trois mois après cet événement s’ouvrit le jubilé : Léon XII ,suivant l’usage, se rendit la veille de Noël au portique del’église de Saint-Pierre, en grande cérémonie, couvert d’unmanteau d’argent, emblème de la riche moisson qu’il comp-tait faire, il frappa trois fois au chambranle de la porte, quitomba en dedans, et laissa le passage libre aux dévots imbé-ciles qui désiraient apporter leurs offrandes.

Quoiqu’on ne fut plus aux beaux temps de l’Eglise, où lapublication d’un jubilé faisait affluer à Rome tant de richesses