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CONSULAT.

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toute l’Europe, rendait à la France ses possessions colonialeset lui reconnaissait l’intégralité des provinces qu’elle avaitconquises sur le continent, fit le plus grand honneur au pre-mier consul. On peut dire qu’il se trouvait alors à l’apogéede sa gloire; il était devenu l’idole de la France , l’objet de lavénération des autres peuples; ses grandes actions, ses ma-gnifiques travaux lui avaient fait pardonner même par les ré-publicains l'origine de son autorité : malheureusement il vou-lut être plus grand encore, et il se perdit. 11 ne se contentapas d’occuper la plus haute magistrature delà République ,il demanda au Sénat qu’elle lui fût conférée pour toute sa vie.Ce corps ayant décliné sa compétence pour un acte qui vio-lait la constitution, il fit un appel au peuple et posa cette, question : « Bonaparte sera-t-il consul à vie? » Trois millionsd’électeurs votèrent pour l’affirmative. En conséquence, lessénateurs s’empressèrent de le reconnaître en cette nouvellequalité; et pour se faire pardonner leur réserve, ils renché-rirent sur le vœu des citoyens et lui accordèrent le droit dedésigner son successeur.

On est réellement surpris de l’extrême facilité avec laquelleBonaparte consommait ses usurpations; la France , naguèresi terrible dans ses exigences républicaines, si ombrageuse,si méfiante, si redoutable les armes à la main, se trouvaitsans force, sans énergie pour résister à un homme qui luienlevait une à une toutes ses libertés. Pour expliquer ce sin-gulier changement dans les idées, on serait tenté d’attribuerà Bonaparte un ascendant surnaturel, une sorte de pouvoirocculte, qu’il aurait exercé sur les esprits; mais le prestigedisparaît en partie, si l’on considère que le caractère natio-x. 56