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HISTOIRE DES PAPES.
[XIX. S.]
quatre cents lieues de côtes; il activa les travaux de construc-tions dans tous les ports; visita par lui-même les arsenauxdu littoral de l’Océan, et commanda l’armement d’un nombreconsidérable de chaloupes canonnières pour mettre à exé-cution son gigantesque projet de descente en Angleterre.
De son côté, notre vieille ennemie n’était point restée inac-tive ; elle avait mis le temps à profit ; le nombre de ses vaisseauxde ligne, frégates et bricks armés, avait été porté à cinq centonze; elle avait en outre réuni une flottille de six cent quatre-vingts petits navires ; ses équipages montaient à cent vingt-trois mille marins. L’armée de terre, dans les trois royaumes,avait été également renforcée et s’élevait à cinq cent quatre-vingt-quatre mille hommes. De plus, elle avait élevé des re-doutes sur toutes les côtes, et avait barré l’embouchure de laTamise et celle de l’Humber avec des vaisseaux rasés, hé-rissés d’artillerie. Et enfin, pour les cas de débarquement,des mines avaient été préparées pour faire sauter les ponts,pour détruire les routes; et il avait été enjoint aux habitantsde fuir dans l’intérieur des terres et de mettre le feu à leursmaisons pour ne rien laisser debout derrière eux.
L’Angleterre ne s’en tint pas à ces moyens de défense;Pitt, qui venait d’être rappelé au ministère, eut encorerecours à la trahison, et songea à faire assassiner le premierconsul pour en finir plus vite avec la France . Une conspi-ration s’organisa sous les auspices du cabinet anglais ; le géné-ral Pichegru, le fameux Georges Cadoudal , chef de chouans,et plusieurs nobles émigrés, devinrent leschefs du complot; duRhin à la Tamise , les conjurés s’entendirent; et pendantque Georges débarquait sur la falaise de Bé ville et se dirigeait