[XIX. S.] EMPIRE FRANÇAIS . 457
ses annales le plus grand des désastres que jamais eussentéprouvés ses armes.
Parti de Paris le 9 mai 1812, l’empereur traversa rapi-dement Metz, Mayence et Francfort, entrale 17 à Dresde ,en repartit le 11 juin, passa le Niémen et arriva le 27 sousles murs de Wilna. Les généraux russes , suivant les ordresqu’ils avaient reçus d’Alexandre, opérèrent leur retraite,reculant sans cesse pour éviter toute affaire décisive, secontentant de harceler les Français , de dévaster le pays,d’incendier les viljes, et de placer des déserts entre eux etleur ennemi. L’empereur poussa toujours en avant, attei-gnit l’armée de l’autocrate près de la Moskowa, remportale 7 septembre la célèbre bataille qui a pris le nom de cettepetite rivière, sur les bords de laquelle elle fut livrée, et putcontinuer sa route jusqu’à Moscou . Le 14 septembre il fitson entrée dans l’ancienne capitale des czars, et s’installaau Kremlin .
Le but de la campagne semblait atteint; tout faisait pré-sager qu’Alexandre viendrait s’humilier aux pieds du vain-queur; et Napoléon se réjouissait de pouvoir terminer leshostilités : vain espoir! un attentat, en dehors de toutes lesprévisions humaines, allait d’un seul coup anéantir tous lesavantages de ses victoires. Alexandre, ce despote moitiétigre et moitié homme, avait donné l’ordre au gouverneurde Moscou’d’incendier la ville; et le sauvage Rostopchin ,en se retirant, avait laissé le soin de cette terrible exécutionà une tourbe de voleurs et d’assassins. Dans la journée du 15,quelques incendies partiels éclatèrent sur différents points;on les attribua à l’imprudence des soldats et on n’y lit aucune