■j AUX VÉTÉRANS
rappelant le plus funeste de vos faits d’ar-mes , de troubler un repos si chèrementacheté. Qui de nous ignore que, du seinde son obscurité, les regards de l’hommedéchu se tournent involontairement versl’éclat de son existence passée, mêmelorsque cette lueur brille sur l’écueil oùse brisa sa fortune , et quand elle éclaireles débris du plus grand des naufrages.
Moi-même, je l’avouerai, un sentimentirrésistible me ramène sans cesse verscette désastreuse époque de nos malheurspublics et privés. Je ne sais quel tristeplaisir ma mémoire trouve à contempleret à reproduire les traces douloureusesque tant d’horreurs lui ont laissées. L’âmeaussi est-elle donc nère de ses profondeset nombreuses cicatrices ? se plaît-elle àles montrer ? est-ce une possession dontelle doive s’enorgueillir , ou plutôt, aprèsle désir de connaître, son premier besoinserait-il de faire partager scs sensations P