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Tome premier.
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CHAPITRE II. 17

toute son existence. Déjà l’on avait pu voirque, si les circonstances nous devenaientcontraires, les hommes ne manqueraient paspour les seconder. En 1 809 , même avant lemalheur d’Esslingen , c’étaient des Prussiensqui, les premiers, avaient osé lever contreNapoléon l’étendard de l’indépendance. Il lesavait fait jeter dans les fers destinés aux galé-riens : tant ce cri de révolte, qui répondait àcelui des Espagnols, et pouvait devenir géné-ral, lui avait paru important à étouffer.

Enfin, sans toutes ces causes de haine, laposition de la Prusse entre la France et laRussie obligeait Napoléon à y être le maître :il ne pouvait y régner que par la force ; il nepouvait y être fort qu'en l’affaiblissant.

Il ruinait ce pays , sachant bien pourtantque la pauvreté rend audacieux ; que l’espoirde gagner devient seul maître chez ceux quin’ont plus rien à perdre ; qu’enfin, ne leurlaisser que du fer, c’était les forcer de s’enservir. Aussi, dès que l’année 1812 s’appro-cha, avec la terrible lutte qu elle apportaitdans son sein, Frédéric, inquiet et fatigué deson asservissement, voulut en sortir par unealliance ou par la guerre. Ce fut en mars 1811qu’il s’offrit comme auxiliaire de Napoléon pour l’expédition qui se préparait. Dans lemois de mai, et surtout en août suivant, ilrenouvelle cette proposition ; et comme ellereste sans réponse satisfaisante, il déclare que