42 LIVRE I.
L’an t8io venait de commencer. Dès sespremiers jours la France avait rendu la Pomé ranie et l’île de Rügen à la Suède , pour prixde son accession au système continental. LesSuédois , fatigués , appauvris , et devenuspresque insulaires par la perte de la Finlande ,rompaient à contre-cœur avec l’Angleterre,et cependant ils s’y voyaient forcés ; d’une au-tre part, ils redoutaient la puissance si voi-sine et si conquérante des Russes ; se sentantfaibles et isolés, ils chei’chèrent un appui.
Bernadotte venait de commander le corpsd’armée français qui s’était emparé de la Po méranie : sa réputation militaire, et plus en-core celle de sa nation et de son empereur, sadouceur attrayante, ses égards généreux , sessoins caressans pour les Suédois, avec lesquelsil avait eu à traiter, conduisirent quelques-uns d’eux à jeter les yeux sur lui. Ils paru-rent ignorer la mésintelligence de ce maré-chal avec son chef: ils s’étaient imaginé qu’enle choisissant pour leur prince ils se donne-raient en lui, non - seulement un généralredouté, mais aussi un puissant conciliateurentre la France et la Suède , et dans son em-pereur un protecteur assuré : il arriva tout lecontraire.
Dans les intrigues auxquelles cette circon-stance donna lieu, Bernadotte , à ses plaintesprécédentes contre Napoléon crut pouvoir enajouter d’autres. Quand malgré Charles XIII