CHAPITRE IV. 45
et la plupart des membres de la diète , il a étéproposé pour la couronne de Suède ; lorsque,soutenu dans cette prétention par le premierministre de Charles, homme sans ancêtres,grand comme lui par lui-même, et par le comtede Wrède, le seul membre de la diète qui luiait gardé sa voix, il vient demander à Napo-léon son intervention, pourquoi celui-ci, au-quel Charles XIII a demandé ses ordres, a-t-ilmontré tant d’indifférence ? Pourquoi lui a-t-ilpréféré la réunion des trois couronnes du nordsur la tête d’un prince danois ? Si lui, Berna-dotte, a réussi dans cette entreprise , il ne ledoit donc point à l’empereur des Français ; iln’en est redevable qu’à la prétention du roide Danemarck, qui a nui à celle du duc d’Au-gustembourg 1 , son plus dangereux rival ; àl’audacieuse reconnaissance du baron de Mœr-ner , le premier qui soit venu lui offrir de semettre sur les rangs, et à l’aversion des Sué-dois pour les Danois ; il le doit surtout à unpasse-port adroitement obtenu par son agent,du ministre de Napoléon. Cette pièce a, dit-on,été audacieusement produite par l’émissairesecret de Bernadotte , comme la preuve d’unemission autographe dont il se disait chargé ,et du désir formel de l’empereur des Français de voir un de ses lieutenans, et l’allié de sonfrère, sur le trône de Suède .
1 Frère du prince défunt du même nom.