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Tome premier.
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46 LIVRE I.

de l’agression des Anglais; les Français tou-chaient à ses ports : la guerre avec la France aurait donc été réelle et présente ; la guerreavec l’Angleterre pouvait n’être que fictive.Le prince de Suède choisit ce dernier parti.

Cependant Napoléon , aussi conquérantdans la paix que dans la guerre, et se défiantdes intentions de Bernadotte , avait demandéplusieurs équipages de vaisseaux à la Suède pour sa flotte de Brest , et l’envoi d’un corpsde troupes qu’il solderait ; affaiblissant ainsises alliés pour dompter ses ennemis, ce quile laissait maître des uns et des autres. Il exigeensuite que les denrées coloniales soient sou-mises en Suède, comme en France , à undroit de cinq pour cent. On assure mêmequ’il lit demander à Bernadotte que des doua-niers français fussent soufferts à Gothem-hourg. Ces demandes furent éludées.

Bientôt après Napoléon proposa une al-liance entre la Suède, Copenhague et Varso-vie : confédération du Nord, dont il se seraitfait chef comme de celle du Rhin . La réponsede Bernadotte , sans être négative, eut lemême effet; il en fut de même pour un traitéoffensif et défensif que lui offrit encore Napo-léon. Depuis, Bernadotte a dit que quatrefois , dans ses lettres autographes , il exposafranchement l’impossibilité où il se trouvaitd’obtempérer aux désirs de Napoléon , et pro-testa de son attachement pour sou ancien