Band 
Tome premier.
Seite
54
JPEG-Download
 

54 LIVRE II.

conquête ! Il sait d'ailleurs mesurer, mieuxque personne , cette puissance de lopinion ,qui, selon lui, crée ou tue les souverains. En-fin, soit politique, soit amour-propre, il aimeà persuader.

Telles étaient les dispositions de Napoléon et celles des grands qui lentouraient, quandle voile étant près de se déchirer et la guerreévidente, leur silence avec lui devint plus in-discret que quelques paroles hasardées à pro-pos. Les uns prirent donc linitiative ; lem-pereur prévint les autres.

On parut dabord concevoir toutes les né-cessités de sa position : « Il fallait acheveru louvrage commencé; on ne pouvait sarrè-» ter sur une pente aussi rapide, et si près» du sommet. Lempire de lEurope convenait» à son génie ; la France en serait le centre» et la base ; autour delle, grande et entière,» elle ne verrait que de faibles états, telle-» ment divisés, que toute coalition entre eux» deviendrait méprisable ou impossible : mais,u avec un tel but, pourquoi ne commençait-» il pas par soumettre et partager ce qui était» autour de lui ? »

A cette objection, Napoléon répondit « que» tel avait été son projet en 1809, dans lai> guerre dAutriche , mais que le malheur» dEsslingen avait dérangé son plan ; que cet

1 L'arcUichancelicr.