9 4 LIVRE III.
d’Austerlitz et d’Iéna : on formait des grou-pes nombreux autour des courriers, on lesécoutait avec ivresse , et, transporté de joie,l’on ne se séparait qu’aux cris de « Vive l’em-pereur ! Vive notre brave armée ! a
On sait d’ailleurs que de tout temps cettepartie de la France fut belliqueuse. Elle estfrontière : on y est élevé au bruit des armes,et les armes y sont en honneur. On y disaitque cette guerre devait affranchir la Pologne ,tant aimée de la France ; que les barbaresd’Asie, dont on menaçait l’Europe , allaientêtre repoussés dans leurs déserts ; que Napo-léon rapporterait encore une fois tous les fruitsde la victoire. Ne seraient-ce pas les départe-mens de l'est qui les recueilleraient? Jusquelà n’avaient-ils pas dû leurs richesses à laguerre, qui faisait passer par leurs mains toutle commerce de la France avec l’Europe ! Eneffet , bloqué partout ailleurs, l’empire nerespirait et ne s’alimentait que par ses pro-vinces de l’est.
Depuis dix ans, leurs routes étaient cou-vertes de voyageurs de tous les rangs , qui ve-naient admirer la grande nation, sa capitalechaque jour embellie , les chefs-d’œuvre detous les arts et de tous les siècles , que la vic-toire y avait rassemblés ; et surtout cet hommeextraordinaire , prêt à porter la gloire natio-nale au-delà de toutes les gloires connues.Satisfaits dans leurs intérêts , comblés dans