i5o LIVRE IV.
» de leurs flancs une foule de maraudeurs de» toutes les nations, dont il faut se défendre.
n Qu’exigez-vous encore ? que nos compa-» triotes accourent sur votre passage, vous» apportant leurs blés, vous conduisant leurs» troupeaux; qu’ils s’offrent eux-mêmes tout» armés et prêts à vous suivre? Eh ! qu’ont-» ils à vous donner? vos pillards prennent» tout on n’a pas le temps de vous offrir.» Regardez d’ici l’entrée du quartier impérial ;» y voyez-vous cet homme ? il est presque nu !» il gémit, il vous tend une main suppliante !» eh bien, ce malheureux qui excite votre» pitié , c’est un de ces nobles dont vous at->1 tendiez les secours : hier, il accourait vers» vous plein d’ardeur, avec sa fdle, ses vassaux» et ses biens; il venait s’offrir à votre empe-» reur ; mais il a rencontré des pillards wur-» tembergeois, et il est dépouillé : il n’esth plus père, à peine est-il homme. »
Chacun gémit et l’alla secourir. Français ,Allemands et Lithuaniens , tous s’accordaientpour déplorer ces désordres, aucun n’en pou-vait trouver le remède. Comment, en effet,rétablir la discipline dans de si grandes masses ,poussées si précipitamment, conduites partant de chefs, de mœurs, de caractères et depays différents, et forcées de vivre de ma-raude.
En Prusse, l’empereur n’avait fait prendreà son armée que pour vingt jours de vivres.