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Tome premier.
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,5i LIVRE IV.

» leur rien donner, on leur arrachait tout,» qu’on voulait donc qu’ils périssent d’inani-» tion ! » alors on s’accusait de barbarie enversles siens , on les rappelait, on leur rendait leurproie; car c’étaitl’impérieuse nécessité qui pous-sait au maraudage. L’oflicier lui-même ne vivaitque de la part que lui en faisaient ses soldats.

Une position si excessive amena des excès.Ces hommes rudes et armés, assaillis par tant debesoins immodérés, ne purent rester modérés.Us arrivaient affamés près des habitations : ilsdemandaient d’abord ; mais , soit défaut des’entendre , soit refus ou impossibilité auxhabitants de les satisfaire , à eux d’attendre ,une altercation s’élevait; alors, de plus en plusirrités par la faim , ils devenaient farouches ,et après avoir bouleversé les cabanes et leschâteaux, sans y trouver la subsistance qu’ilscherchaient , dans l'égarement de leur déses-poir , ils accusaient les habitants d’être leursennemis, et se vengeaient des propriétairessur les propriétés.

Il y en eut qui se tuèrent avant d’en venirà ces extrémités ; d’autres après : c’étaient lesplus jeunes. Ils s'appuyaient le front sur leursfusils , et se faisaient sauter la cervelle au mi-lieu des chemins. Mais plusieurs s’endurcirent;un excès les entraînait à un autre , comme ons'échauffe souventpar les coups qu'on donne.Parmi ceux-là, quelques vagabonds se vengè-rent de leurs maux jusque sur les personnes ;