Band 
Tome premier.
Seite
164
JPEG-Download
 

164 LIVRE IV.

ques coureurs de Bagration, qui déjà cherchaitavec inquiétude une issue vers le nord. Jus-que là, hors une victoire, le plan formé dèsParis avait réussi. Sachant l’ennemi étendusur une trop longue ligne défensive, Napo-léon l’avait rompue , en l’attaquant brusque-ment d’un seul côté, et avait ainsi rejeté etfait poursuivre sa plus grande masse sur laDiina, tandis que Bagration , qu’il n’avait faitaborder que cinq jours plus tard, était encoresur le Niémen . C'était pendant plusieurs jours,et sur quatre-vingts lieues de front, la mêmemanœuvre que Frédéric II avait souvent em-ployée sur deux lieues de terrain et en quel-ques heures.

Déjà Doctorof et plusieurs divisions erran-tes de l’une à l’autre de ces deux masses sé-parées, n’avaientéchappé que grâce à l’étenduedu pays, au hasard, et à toutes les causes decette ignorance, où l’on est toujours à laguerre, sur ce qui se passe si près de soi ,chez l’ennemi.

Plusieurs ont prétendu qu’il y avait eu tropde circonspection, ou de négligence, dans cepremier mouvement d’invasion; que depuisla Vistule , cette armée d’attaque avait eu l’or-dre de marcher avec toutes les précautionsd’une armée attaquée ; que l’agression com-mencée, et Alexandre en fuite, l’avant-gardede Napoléon aurait dû remonter plus rapide-ment, et plus avant, les deux rives de l a