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Tome premier.
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*44 LIVRE VI.

vaut l’armée française victorieuse. Leur mal-heur étant inattendu, leur consternation enfut d’autant plus grande.

Cependant, la vue de Smolensk avait en-flammé l'ardeur impatiente du maréchal Ney ;on ne sait s’il se rappela mal à propos les mer-veilles de la guerre de Prusse, quand les cita-delles tombaient devant les sabres de noscavaliers, ou s’il ne voulut d’abord que recon-naître cette première forteresse russe: mais ils’en approcha trop : une halle le frappa aucou ; irrité, il lança un bataillon contre la ci-tadelle , au travers d’une grêle de balles et deboulets, qui lui firent perdre les deux tiers deses soldats : les autres continuèrent; les mu-railles russes purent seules les arrêter; quel-ques uns seulement en revinrent : on parlapeu de l’effort héroïque qu’ils venaient de ten-ter, parce qu’il était une faute de leur géné-ral , et qu’il fut inutile.

Refroidi, le maréchal Ney se retira sur unehauteur sablonneuse et boisée, qui bordait lefleuve. Il observait la ville et le pays, quand,de l’autre côté du Dnieper , il crut entrevoirau loin des masses de troupes en mouvement;il courut appeler l’empereur, et le guida à tra-vers des taillis et dans des fonds, pour le dé-rober aux feux de la place.

Napoléon , parvenu sur la hauteur, vit dansun nuage de poussière, de longues et noirescolonnes, d’où jaillissait le reflet d'une mufti-