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Tome premier.
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CHAPITRE Y. 2.Î0

on les reconnaissait à leur blancheur et à leursformes moins osseuses et musculeuses quecelles des Russes . Triste revue de morts et demourants, compte funeste à faire et à rendre.La contraction des traits de l’empereur et sonirritation firent juger de sa souffrance ; maisen lui la politique était une seconde naturequi bientôt imposait silence à la première.

Au reste , ce calcul de cadavres , le lende-main d’un combat, fut aussi trompeur querebutant ; car on avait déjà fait disparaître laplupart des nôtres, et laissé en évidence ceuxde l’ennemi; soin que l’on prenait pour pré-venir de fâcheuses impressions sur nos sol-dats, et par cet empressement hien naturelqui porte à ramasser et à secourir ses mou-rants , et à rendre à ses morts les derniers de-voirs , avant de songer à ceux de l’ennemi.

Néanmoins, l’empereur écrivit que ses per-tes , dans la journée précédente , étaient bienmoindres que celles des Moscovites ; que laconquête de Smolensk le rendait maître dessalines russes , et que son ministre du trésor de-vait compter sur vingt-quatre millions de plus.Il n’est, ni vrai, ni vraisemblable qu’il se soitlaissé aller à de telles illusions. Cependant lepouvoir d’imposer aux autres, dont il savaitfaire un si puissant usage , on crut qu’il letournait alors contre lui-même.

En continuant cette reconnaissance, il par-vint à l’une des portes de la citadelle, près

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