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Tome premier.
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CHAPITRE VIII. a8i

cette terre, dont leurs vêtements étaient im-prégnés et leurs visages encore tout noircis.L’empereur ne pouvait passer devant leur frontsans avoir à éviter, à franchir ou à fouler desbaïonnettes tordues par la violence du choc,et des cadavres.

Mais toutes ces horreurs il les couvrit degloire. Sa reconnaissance transforma ce champde mort en un champ de triomphe, où pen-dant quelques heures régnèrent seuls l’hon-neur et l’ambition satisfaits.

11 sentait qu’il était temps de soutenir sessoldats de ses paroles et de ses récompenses.Jamais aussi ses regards ne furent plus affec-tueux; quant à son langage, « ce combat était» le plus beau fait d’armes de notre histoire» militaire; les soldats qui l'entendaient, des» hommes avec qui l'on pouvait conquérir le» monde ; ceux tués , des guerriers morts» d’une mort immortelle. » Il parlait ainsi,sachant bien que c’est surtout au milieu decette destructiou que l’on songe à l’immor-talité.

11 fut magnifique dans ses récompenses •les 12 e ., 2i e ., 127 e . de ligne, et le 7 e . léger,reçurent quatre-vingt-sept décorations et desgrades ; c’étaient les régiments de Gudin. Jus-que là, le 127 e . avait marché sans aigle, caralors il fallait conquérir son drapeau sur unchamp de bataille, pour prouver qu’ensuiteon saurait l’y conserver.

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