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Tome premier.
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a84 LIVRE VI.

ques : nos jeunes soldats, épuisés de faim etde fatigue, ont cru que cette liqueur les sou-tiendrait; mais sa chaleur perfide leur a faitjeter à la fois tout, le feu qui leur restait, aprèsquoi ils sont tombés épuisés, et la maladies’est emparée d’eux.

On en a vu d’autres , moins sobres ou plusaffaiblis, frappés de vertiges, de stupéfactionet d’assoupissement ; ils s’accroupissaient dansles fossés et sur les chemins. Là, leurs yeuxternes, à demi ouverts et larmoyants, sem-blent voir avec insensibilité la mort s’emparersuccessivement de tout leur être : ils expirentmornes et sans gémir.

À Vilna , on n’a pu créer d’hôpitaux quepour six mille malades; des couvents, deséglises , des synagogues et des granges , ser-vent à recueillir cette foule souffrante : dansces tristes lieux, quelquefois malsains, tou-jours trop rares et encombrés, les maladessont souvent sans vivres, sans lits, sans cou-vertures, sans paille même et sans médica-ments. Les chirurgiens y deviennent insulfi'lsauts , de sorte que tout, jusqu’aux hôpitaux ilcontribue à faire des malades, et rien aie*guérir.

A Vitepsk , quatre cents blessés russes son 1restés sur le champ de bataille ; trois cents au-tres ont été abandonnés dans la ville par leU *armée, et comme elle en a emmené les habi-tants , ces malheureux sont restés trois jourSi