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Tome premier.
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LIVRE VI.chaque pas y paraissait une faute , chaqueparti pris le pire. La perte de Smolensk avaittout aigri ; la réunion des deux corps darméeaugmenta le mal : plus cette masse russe sesentait forte , plus son général lui semblaitfaible. Le cri devint universel ; on demandahautement un autre chef. Cependant quel-ques hommes sages intervinrent; Rutusoffutannoncé, et lorgueil humilié des Russes lat-tendit pour combattre.

De son côté , lempereur , déjà à Dorogo-bouje, nhésite plus : il sait quil porte par-tout avec lui le sort de lEurope ; que le lieu il se trouvera sera toujours celui se dé-cidera le destin des nations; quil peut doncsavancer sans craindre les suites menaçantesde la défection des Suédois et des Turcs.Ainsi , il néglige les armées ennemies d'Es­ sen à Riga , de Wittgenstein devant Polotsk ,dHœrtel devant Bobruisk , de Tchitcliakof enVolhinie. Cétaient cent vingt mille hommes,dont le nombre ne pouvait que saugmen-ter ; il les dépasse , il sen laisse environneravec indifférence , assuré que tous ces vainsobstacles de guerre et de politique tombe-ront au premier bruit du coup de foudrequil va porter.

Et cependant , sa colonne dattaque, forteencore , à son départ de \ itepsk , de centquatre vingt-cinq mille hommes , est déjà ré-duite à cent cinquante-sept mille ; elle est af-