3ia LIVRE VII.
présent partout, remplir de plus en plus laterre de sa puissance, par l'effet de cette in-concevable grandeur croissante de l'âme, dontl’ambition n'a d’abord eu pour but qu'unsimple jouet, et qui finit par désirer l’empiredu monde.
Il est vrai qu’en même temps , à Slawkowo,il y avait si peu d’ordre autour de lui, que sagarde brûlait la nuit, pour se chauffer, lepont qu’elle était chargée de garder , le seulsur lequel il pût sortir le lendemain de sonquartier impérial. Au reste , ce désordre ,comme tant d'autres, venait, non d’insubor-dination , mais d’insouciance : il fut réparédès qu’on s’en aperçut.
Ce jour-là même , Murat poussa l'ennemiau-delà de l’Osma, rivière étroite, mais en-caissée et profonde , comme la plupart desrivières de ce pays ; effet des- neiges , et cequi, à l’époque de leurs grandes fontes, em-pêche les débordements. L’arrière-garde russe,couverte par cet obstacle , se retourna et s’é-tablit sur les hauteurs de la rive opposée. Mu-rat lit sonder le ravin : on trouva un gué. Cefut par ce défilé étroit et incertain qu’il osa ;marcher contre les Russes , s'aventurer entrela rivière et leur position, s’ôtant ainsi touteretraite, et faisant d’une escarmouche uneaffaire désespérée. En effet, les ennemis des-cendirent en force de leur hauteur , le pous-sèrent, le culbutèrent jusque sur les bords du