CHAPITRE II. 5i 7
» tait pour faire cinq ou six lieues qu’on pas-» sait ainsi seize mortelles heures , surtout» pour les chevaux de cuirassiers, plus char-» gés que les autres, plus faibles , comme le» sont communément les plus grands chevaux;» et à qui il fallait plus'de nourriture : aussi» voyait-on ces grands corps maigres et efflan-» qués se traîner plutôt que marcher, et à» chaque instant l’un fléchir , l’autre tom-» ber sous son cavalier qui l’abandonnait.»
Davout finit en disant : « qu'ainsi périrait» toute la cavalerie ; qu’au reste Murat était» le maître d’en disposer, mais que pourl’in-» fanterie du premier corps , tant qu’il la» commanderait, il ne la laisserait pas ainsi» prodiguer. »
Le roi ne resta pas sans réponse. On vitl’empereur les écouter en se jouant avec unboulet russe , qu’il poussait de son pied. Ilsemblait qu’il y avait dans cette mésintelli-gence entre ces chefs quelque chose qui ne luidéplaisait, pas. Il n’attribuait leur animositéqu'à leur ardeur , sachant bien que la gloireest de toutes les passions la plus jalouse.
L’impatiente ardeur de Murat plaisait à lasienne. Comme on n’avait pour vivre que cequ’on trouvait, tout était à l’instant dévoré ;c’est pourquoi il fallait avoir fini promptementavec l’ennemi , et passer vite. D’ailleurs, lacrise générale en Europe était trop forte ,la position trop critique pour y demeurer ,
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