CHAPITRE IV. 029
trouverait de Viazma à Moscou , « Pultawa, »répliqua fièrement le Russe . Cette réponseannonçait une bataille ; elle plut aux Fran çais , qui aiment l'à-propos, et se plaisent àrencontrer des ennemis dignes d'eux.
Ce parlementaire fut reconduit sans pré-caution , comme il avait été amené. 11 vit qu’onpénétrait jusqu’à nos quartiers-généraux sansobstacle ; il traversa nos avant-postes sans ren-contrer une vedette ; partout la même négli-gence, et cette témérité si naturelle à desFrançais et à des vainqueurs. Chacun dor-mait; point de mot d'ordre, point de pa-trouilles : nos soldats semblaient négliger cessoins comme trop minutieux. Pourquoi tantde précautions ? eux attaquaient, ils étaientvictorieux ; c’était aux Russes à se défendre.Cet officier a dit depuis, qu’il fut tenté deprofiter cette nuit-là même de notre impru-dence, mais qu’il ne trouva pas de corps russeà sa portée.
L’ennemi, en se hâtant de brûler les pontsde la Gjatz , avait abandonné quelques-uns deses Cosaks : on les envoya à l’empereur , quis’approchait à cheval. Napoléon voulut lesquestionner lui-même : il appela son inter-prète , et fit placer à ses côtés deux de cesScythes, dont l’étrange costume et la physio-nomie sauvage étaient remarquables. Ce futainsi qu’on le vit entrer à Gjatz et traversercette ville. Les réponses de ces barbares fu-
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