CHAPITRE Y. 333
brassé au milieu des rues , on s’était crusauvé.
Quand Napoléon eut pris ces renseigne-ments et donné ses ordres, on le vit attendrel’événement avec cette tranquillité d’âme deshommes extraordinaires. Il s’occupa paisible-ment à parcourir les environs de son quartier-général. Il y remarqua les progrès de l’agricul-ture ; mais à la vue de cette Gjatz qui verseses eaux dans le Volga , lui qui a conquis tantde fleuves, il retrouve les premières émotionsde sa gloire : on l’entend s’enorgueillir d’êtrele maître de ces flots destinés à voir l’Asie ,comme s’ils allaient l’annoncer à cette autrepartie du monde, et lui en ouvrir le chemin.
Le 4 septembre , l’armée, toujours.partagéeen trois colonnes, partit de Gjatz et de sesenvirons. Murat l’avait devancée de quelqueslieues. Depuis l’arrivée de Kutusof, des trou-pes de Cosaks voltigeaient sans cesse autourdes têtes de nos colonnes. Murat s’irritait devoirsacavalerieforcéede se déployer contre unsi faible obstacle. On assure que ce jour-là ,par un de ces premiers mouvements dignesdes temps de la chevalerie, il s’élança seulet tout à coup contre leur ligne, s’arrêta àquelques pas d’eux; et que là, l’épée à lamain, il leur ûtd’un air et d’un geste si impé-rieux le signe de se retirer, que ces barbaresobéirent et reculèrent étonnés.
Ce fait, qu’on nous raconta sur-le-champ.,