546 LIVRE VII.
» lendemain il mettra cette masse en rnouve-» ment ; il couvrira sa marche des dernières» ombres de la nuit, et du bois auquel s’ap-» puie l’aile gauche russe, qu'il dépassera« en suivant la vieille route de Smolensk à» Moscou ; puis tout à coup, par une manœu-» vre précipitée, il déploiera quarante mille» Français et Polonais sur le liane et en» arrière de cette aile. Là , tandis que l’empe-» reur occupera le front des Moscovites par« une attaque générale, lui, marchera violem-» ment de redoute en redoute , de réserve en» réserve, culbutant tout de la gauche à la» droite sur lagrande route de Mojaïsk , oùiîni-» ront l’armée russe, la bataille et la guerre ! »
L’empereur écouta le maréchal attentive-ment ; mais, après quelques minutes d’unesilencieuse méditation, on l’entendit lui ré-pondre : « Non ! c’est un trop grand mouve-» ment; il m’écarterait trop de mon but, et» me ferait perdre trop de temps. >>.
Cependant, le prince d’Eckmiilli, convain-cu , persévère ; il s’engage à avoir accompli samanœuvre avant six heures du matin ; il pro-leste qu’une heure après, la plus grande par-tie de son effet sera produit. Mais Napoléon ,contrarié, l’interrompt brusquement par cetteexclamation : « Ah ! vous êtes toujours pour>> tourner l’ennemi ; c’est une manœuvre trop» dangereuse ! » Le maréchal, repoussé, setut ; puis il retourna à son poste, en mur-
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