572 LIVRE VII.
Dix-huit, cents hommes du 5o' régiment ,et le général Bonnamy marchant à leur tête ,venaient de faire ce grand effort.
Ce fut là qu'on remarqua Fabvier , cet aide-de-camp de Marmont, arrivé la veille du fond del’Espagne ; il s’était jeté en volontaire et àpiedà la tête des tirailleurs les plus avancés, commes’il fût venu représenter l’armée d’Espagne aumilieu de la grande-armée , et qu’animé decette rivalité de gloire qui fait les héros, ilvoulût la montrer en tète et la première audanger.
Il tomba blessé sur cette redoute trop fa-meuse : car cette victoire fut courte ; l’atta-que manquait d’ensemble, soit précipitationdes premiers assaillants , soit lenteur dansceux qui suivirent. Il y avait un ravin à pas-ser, sa profondeur garantissait des feux en-nemis ; on assure que plusieurs des nôtres s’yarrêtèrent. Morand se trouva donc seul devantplusieurs lignes russes. 11 n’était que dix heu-res. A sa droite, Friand n’attaquait pas encore Semenowska ; à sa gauche , les divisionsGérard, Broussieretlagarde italienne n’étaientpas encore en ligne.
D’ailleurs, cette attaque n’aurait pas dûêtre faite si brusquement ; on ne voulait quecontenir et occuper Barclay de ce côté , labataille devant commencer par l’aile droite ,et pivoter sur l’aile gauche. Tel avait été leplan de l’empereur, et l’on ignore pourquoi