CHAPITRE XI. 3 7 g
démarche languissante. Pourtant, la vue desRusses et le sifflement de leurs balles et deleurs boulets l'inspirèrent ; il alla considérerde près leur dernière position, et voulut laleur arracher. Mais Murat, lui montrant nostroupes presque détruites , déclara qu’il fau-drait la garde pour achever ; à quoi Bessièresne manquant pas d'insister, comme il le faisaittoujours, sur l'importance de ce corps d’élite,opposa « la distance où l’on se trouvait des» renforts ; que l’Europe était entre Napoléon » et la Fiance ; qu’on devait conserver au>1 moins cette poignée de soldats qui restaient» seuls pour en répondre. j> Et comme il étaitdéjà près de cinq heures, Berthier ajouta qu’il« était trop tard ; que l’ennemi se raffermis-» sait dans sa dernière position, et qu’on» sacrifierait encore plusieurs milliers d’hom-» mes , sans résultat suffisant. » L’empereuralors ne songea plus qu’à recommander auxvainqueurs de la prudence ; puis il revint tou-jours au pas chercher ses tentes, dressées der-rière cette batterie enlevée depuis deux jours,et devant laquelle il était, depuis le matin ,resté témoin presque immobile de toutes lesvicissitudes de cette terrible journée.
En cheminant ainsi, il appela Mortier, etlui ordonna « de faire enlin avancer la jeune„ /carde ; mais surtout de 110 point, dépasser le» nouveau ravin qui séparait de l'ennemi. «U ajouta, « qu’il le chargeait de garder le