38(5 LIVRE VII.
Cosaks ; ils les aidèrent à faire de nouvellescaptures , jusqu'au moment où , se trouvantavec leurs nouveaux prisonniers en nombreassez considérable, ils se réunirent tout-à-coup , et se débarrassèrent de leurs ennemistrop confiants.
L’empereur ne put évaluer sa victoire quepar les morts. La terre était tellement jonchéede Français étendus sur les redoutes, qu’ellesparaissaient leur appartenir plus qu’à ceuxqui restaient debout. Il semblait y avoir là plusde vainqueurs tués que de vainqueurs vivants.
Dans cette foule de cadavres , sur lesquelsil fallait marcher pour suivre Napoléon , lepied d’un cheval rencontra un blessé, et luiarracha un dernier signe de vie ou de dou-leur. L’empereur, jusque là muet comme savictoire, et que l’aspect, de tant de victimesoppressait, éclata ; il se soulagea par des crisd’indignation, et par une multitude de soinsqu’il fit prodiguer à ce malheureux. Quel-qu’un, pour 1 apaiser, remarqua que ce n’é-tait qu’un Russe ; mais il reprit vivemente qu'il n’y avait plus d’ennemis après la vie-il toire , mais seulement des hommes ! » Puisil dispersa les officiers qui le suivaient, pourqu’ils secourussent ceux qu’on entendait crierde toutes parts.
On en trouvait surtout dans le fond des ra-vins , où la plupart des nôtres avaient été pré-cipités , et où plusieurs s’étaient traînés pour