CHAPITRE XIII. 5g3
vaste , et d’une si grande quantité de che-vaux , qu’ils disparurent bientôt à tous lesyeux.
Une exclamation générale de douleur s’éle-va de tous les rangs de l'armée. Chacun denos soldats, le cou tendu, l’oeil fixe, suivaittous les mouvements de l’ennemi, et cher-chait à démêler le sort de ses compagnonsd’armes. Les uns s’irritaient contre la distan-ce , et demandaient à marcher ; d’autres char-geaient machinalement leurs armes ou croi-saient la baïonnette d'un air menaçant, commes’ils avaient été à portée de les secourir. Tan-tôt leurs regards s’animaient comme lorsqu’oncombat, tantôt ils se troublaient commelorsqu’on succombe. D'autres conseillaient etencourageaient, oubliant qu’on ue pouvait lesentendre.
Quelques jets de fumée, qui s’élevèrent dumilieu de cette masse noire de chevaux, pro-longèrent l’incertitude. On s’écria quq les nô-tres tiraient , qu’ils se défendaient, encore ,que tout n’était pas fini. En effet, un chefrusse venait d’être tué par l’officier comman-dant ces tirailleurs. Il n’avait répondu à lasommation de se rendre que par ce coup defeu. Cette anxiété durait depuis plusieurs mi-nutes , quand tout-à-coup l’armée jeta un cride joie et d’admiration en voyant la cavalerierusse , étonnée d’une résistance si audacieuse,s’écarter pour éviter un feu bien nourri, sc