6 LIVRE VIII,
souverains , venus avec leurs usages, leursmœurs et leur suite, de toutes les parties duinonde. 1
Ce n'étaient pourtant que des sujets, maisdes sujets riches, puissants; des grands , or-gueilleux d’une noblesse antique, forts deleur nombre, de leur réunion, d’un lien gé-néral de parenté, contracté pendant les septsiècles de durée de cette capitale. C’étaientdes seigneurs fiers de leur existence au milieude leurs vastes possessions ; car le territoirepresque entier du gouvernement de Moscou leur appartient, et ils y régnent sur un mil-lion de serfs. Enfin, c’étaient des nobles, s’ap-puyant, avec un orgueil patriotique et reli-gieux , k sur le berceau et le tombeau de leurnoblesse ; » car c’est ainsi qu’ils appellentMoscou .
Il semble en effet que ce soit là que les no-bles des familles les plus illustres doivent naî-tre et s’élever; que ce soit de là qu’ils doivents’élancer dans la grande carrière des honneurset de la gloire ; et qu’enfin ce soit encore làque , satisfaits , mécontents ou désabusés , ilsdoivent rapporter leurs dégoûts, ou leur res-sentiment pour l’épancher ; leur réputationpour enjouir, pour exercer son influence surla jeune noblesse, et relever enfin loin dupouvoir , dont ils n’attendent plus rien , leurorgueil trop long-temps courbé près du trône.
Là, leur ambition , ou rassasiée ou mécon-