24 LIVRE VIII.
Murat. Enfin, le 14 septembre, Moscou vitles feux des bivouacs russes .
Là, l’orgueil national , une position heu-reuse, les travaux qu’on y ajouta, tout fitcroire que ce général s’était déterminé à sauverla capitale, ou'à périr avec elle. Il hésitait ce-pendant, et, soit politique ou prudence , ilfinit par abandonner le gouverneur de Moscou à toute sa responsabilité.
L’armée russe, dans cette position de Fili,en avant de Moscou , comptait quatre-vingt-onze mille hommes, dont six mille Cosaks,soixante-cinq millehommes de vieilles troupes,restes de cent vingt-un mille hommes présentsà la Moskwa , et vingt mille recrues, armées ,moitié de fusils, et moitié de piques.
L’armée française , forte de cent trentemille hommes la veille de la grande bataille,avait perdu environ quarante mille hommes àBorodino ; restait quatre-vingt-dix‘mille hom-mes. Des régiments de marche et les divisionsLaborde et Pino allaient la rejoindre : elleétait donc encore forte de près de cent millehommes en arrivant devant Moscou . Sa mar-che était appesantie par six cent sept canons,deux mille cinq cents voitures d’artillerie, etcinq mille voitures de bagages : elle n’avaitplus de munitions que pour un jour de com-bat. Peut-être Kutusof calcula-t-il la dispro-portion de ses forces réelles avec les nôtres.Au veste, on ne peut avancer ici que des con-