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Tome second.
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54 LIVRE VIII.

quelques jours , les dérobe à la fureur du peu-ple : ils confirment la fatale nouvelle. L'em-pereur appelle Daru , et s’écrie : « Moscou » déserte ! quel événement invraisemblable !» il faut y pénétrer. Allez, et amenez-moi lesa boyards. » Il croit que ces hommes , ou rai-dis d’orgueil, ou paralysés de terreur, restentimmobiles sur leurs foyers ; et lui, jusque làtoujours prévenu par les soumissions des vain-cus, il provoque leur confiance, et va au-de-vant de leurs prières.

Comment en effet se persuader que tant depalais somptueux , de temples si brillants, etde riches comptoirs , étaient abandonnés parleurs possesseurs, comme ces simples hameauxqu’il venait de traverser. Cependant Daruvient d’échouer. Aucun Moscovite ne se pré-sente ; aucune fumée du moindre foyer nes’élève ; on n’entend pas le plus léger bruitsortir de cette immense et populeuse cité .ses trois cent mille habitants semblent frap-pés d’un immobile et muet enchantement :c’est le silence du désert !

Mais telle était la persistance de Napoléon ,qu’il s’obstina et attendit encore. Enfin un of-ficier décidé à plaire, ou persuadé que tout ceque l’empereur voulait devait s’accomplir, en-tra dans la ville, s’empara de cinq à six va-gabonds, les poussa devant son cheval jusqu’àl’empereur, et s’imagina avoir amené une dé-putation. Dès la première réponse de ces mi-