CHAPITRE IV. 33
ses officiers et les distribua à ces guerriers en-core barbares. L'un d’eux l’appela son liett-man.
Murat fut un moment tenté de croire que,dans ces officiers , il trouverait un nouveauMazeppa, ou que lui-même le deviendrait; ilpensa les avoirgagnés. Ce moment d’armistice,dans cette circonstance , entretint l’espoir deNapoléon , tant il avait besoin de se faire illu-sion. Il en fut amusé pendant deux heures.
Cependant , le jour s’écoule et Moscou reste morne , silencieuse et comme inanimée.L’anxiété de l’empereur s’accroît ; l’impatiencedes soldats devient plus difficile à contenir.Quelques officiers ont pénétré dans l’enceintede la ville. « Moscou est déserte ! »
A cette nouvelle, qu’il repousse avec irri-tation, Napoléon descend de la montagne duSalut, et s’approche de la Moskwa et de laporte Dorogomilow. Il s’arrête encore à l’en-trée de cette barrière, mais inutilement. Mu-rat le presse. « Eh bien ! lui répondit-il, en-» trez donc , puisqu’ils le veulent ! » Et ilrecommande la plus grande discipline, il es-père encore. « Peut-être que ses habitants ne» savent pas même se rendre ; car ici tout est» nouveau, eux pour nous, et nous pour» eux. »
Mais alors , les rapports se succèdent ; touss'accordent. Des Français , habitants deMos-c °u , se hasardent à sortir de l’asile qui, depuis